Je suis ainsi fait
Impossible à vivre
coléreux
injuste
despotique
tyranique
et n'ai jamais compris que l'on me supporte
J'ai toujours placé la barre plus haut que ce que je suis capable d'atteindre
Parfois j'y parviens, parfois non
L'espace non franchi me montre mes insuffisances
Je les refuse, les rejette, cherche d'autres coupables
jusqu'à ce que je doive me rendre à l'évidence,
que je suis seul responsable
alors je ne peux que m'incliner et rendre justice à ceux à qui je fais du tort
Vous avez toujours été le plus grand sommet à atteindre
si haut que je me suis souvent découragé
votre patience m'a toujours parue impossible
et c'est vrai que j'ai réfléchi et pensé trop
à faire exploser la raison qui n'a jamais trouvé de solution
A chaque fois que j'ai cru pouvoir trouver l'équilibre,
je me suis ancré dans une conviction qui me rassurait
pour l'admettre, j'ai élevé ma croyance au plus haut possible encore
en vous, j'ai voulu voir l'expression de l'amour avec un A
et je me suis pris les pieds dans la logique du mot
je n'ai pour excuse que l'entendement commun de la plupart des mortels
aimer réellement n'a pas de borne
certainement pas une borne de mots
et j'ai à nouveau placé celui-là toujours en haut
car, de vous, il ne peut qu'être là
Mais on ne peut aimer deux fois aussi fort dans une seule vie
et vous aviez déjà puisé toute votre ressource dans la vie déjà écoulée avant notre rencontre
une fois de plus, je me suis trouvé face à un écart immense..
celui qui existe entre un amour passionné, passé, et un amour serein, nouveau
et n'ai pas pu me résigner à ne jamais pouvoir vivre l'intensité de celui que vous aviez pu éprouver
J'ai réellement pris conscience de ces limites, en été
les combats en moi ont été quotidiens, nocturnes, omniprésents
j'ai trouvé une force inimaginable pour les supporter
vous retrouver a été un éclatement de tous les rocs qui s'étaient cristallisés
et j'ai regardé à nouveau un objectif plus haut encore
Y ai réinvesti toutes nouvelles volontés de croire
au delà de tout, encore plus fortes
je n'avais pas compris et vu que vous étiez fatiguée d'avoir tant lutté vous-même
qu'il n'était plus question de subir le souvenir douloureux de vos acharnements
mais d'accepter votre vécu, de le comprendre, de le laisser aller son cours
et de vous débarasser de ses amertumes
pour vivre enfin paisiblement, sereinement, sans peurs, sans larmes, sans frustrations
seulement au rythme du ciel, du soleil, de la lune
et au gré des bienfaits simples que la vie au quotidien peut apporter
J'ai reçu de vous en 4 ans l'idéal de ce que je n'aurais pu espérer
je me suis vu vieillir et ai refusé de ne pas profiter de ces offrandes plus intensément,
voulu que les années que je n'ai pu vivre se concentrent dans les jours qui pouvaient exister
J'ai, c'est vrai, confondu je vous aime avec aimez moi
Vous avez eu la sagesse de ne pas me dire ce que vous ne pensez pas
au delà de la réalité qu'ainsi je n'ai voulu admettre,
je me suis revu revenir à ma place
C'est difficile de s'accepter tel qu'on est
insuffisant pour susciter ce que l'on désire le plus
mais en réfléchissant jusqu'au bout de sa propre logique
l'on ne peut que se résigner à sa propre vérité
Ce n'est qu'au bout de ce nouveau combat que l'on peut alors se ressentir tel,
et que la résignation cède la place à l'acceptation
et ne se souvenir que du meilleur qu'il a été donné de connaître
Mon meilleur à moi a été Vous.
Pardon de cette ultime peine que j'ai pu vous faire.
Il fallait, c'est certain, enrayer ma mécanique, ma spirale toujours tournée vers le plus haut
et le plus fort possible
Je vous chéris au fond de moi pour toujours
Vous avez eu raison d'être vraie.
Je reste votre âme soeur dans toutes vos pensées.